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    Pour rejoindre directement le site de Karuta France pour plus d'informations : http://www.karutafrance.ml/

    Le Karuta, comme vous le savez maintenant, se joue avec 50 cartes, chaque joueur en disposant 25 de son côté. Il incombera alors aux deux joueurs, en l'espace de 15 minutes, de retenir l'emplacement de toutes ces cartes afin de les prendre le plus vite possible une fois le match commencé.

    Une tâche qui semblera ardue pour bon nombre d'entre-vous, mais qui est en fait plus aisée qu'il n'y paraît. En effet, chaque joueur aura déjà au préalable réfléchi à la façon dont il disposera ses cartes sur son propre terrain. Il saura que s'il reçoit la carte "CHIHA", il la placera par exemple en haut à droite. Ainsi, puisqu'on suivra toujours la même logique pour ses propres cartes, retenir leur emplacement prendra au final très peu de temps. Il suffira au fond juste de retenir quelles cartes sont en jeu de notre côté, et la stratégie mise en place préalablement fera le reste.

    Mais alors comment faire pour déterminer tout ça? Il faut savoir qu'il existe plusieurs "règles", qui si elles ne sont pas absolues, gagneront à être respectées avant d'avoir atteint le niveau suffisant pour en sortir.

     

    Combien de cartes?

     

    C'est la première chose à savoir. Chaque joueur aura 6 zones possibles où placer ses cartes : en haut, au milieu, en bas, et ce à droite comme à gauche. Mais combien de cartes doit-on placer dans chacune de ces zones?
    Il sera en général conseillé de mettre plus de cartes du côté de sa main directrice, car le mouvement y sera plus rapide. Pour vous donner une idée, je dois avoir approximativement 55% de mes cartes sur mon côté droit.
    Je déconseille de dépasser ce chiffre cependant, car il ne faut pas oublier que vous ne pouvez pas savoir quelles cartes tomberont. Si vous mettez trop de cartes sur votre côté droit, vous serez bien embêté si vous ne recevez presque aucune carte pour votre côté gauche au cours d'une partie.

    Ensuite, on met généralement de moins en moins de cartes à mesure qu'on s'éloigne. Si mes souvenirs sont bons, sur les 100 cartes, j'en ai 20 que je place sur mon côté droit, en bas, 19 au milieu, et 15 en haut. Sur mon côté gauche, j'en ai 18 en bas, 15 au milieu et 13 en haut.
    Notez qu'il est possible de les placer au milieu également, mais c'est quelque chose que je déconseille pour plusieurs raisons. La première est que vous risquez de les toucher par inadvertance au moment où vous viserez les cartes de l'adversaire. La deuxième est que vous risquez également de trop y faire attention, étant donné qu'elles seront juste sous vos yeux.

     

    Les cartes à une syllabe déterminante, et les cartes longues

     

    Pour l'essentiel des cartes, on les placera au feeling, et j'expliquerai comment ça marche plus bas dans l'article. Toutefois, il existe des cartes pour lesquelles tout le monde est plus ou moins d'accord.
    Les cartes à 1
     syllabe déterminante seront généralement placées en bas, pour une raison simple : comme elles sont détectables très rapidement, l'idée est de les placer le plus loin possible de l'adversaire. Nombreux sont les joueurs à être bons sur ces cartes, donc il vaut mieux se donner un maximum de chances. Certains ont tendance à les placer proches du coin afin de mettre encore plus de distance avec l'adversaire, et d'autres au contraire à les placer le plus proche possible d'eux-mêmes, afin de pouvoir les prendre encore plus rapidement. Pour ma part, j'aurais tendance à encourager les joueurs à les placer plus éloignées, car la distance ainsi prise sera plus handicapante pour l'adversaire que pour nous. A titre informatif, je place les miennes en bas du côté droit, au milieu. J'en ai également une à gauche, en bas, et une autre que j'hésite à placer à côté, car je n'arrive pas à la garder à l'esprit sur mon côté droit.

    Les cartes longues, quant à elles, seront plus compliquées à placer car plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Pour faire simple, il faut savoir que lorsqu'une carte est dite longue ("Yononakawa" par exemple, dont la 5e syllabe est déterminante), il est au courant de la protéger en plaçant sa main devant jusqu'à ce qu'on entende le dernier son. Pour vous donner une idée, après avoir entendu "yono", on place sa main au-dessus de la carte "Yononakawa", et si c'est bien elle qui est en train d'être lue, on pose la main dessus. Dans le cas contraire, on se retire.
    Certains joueurs n'aiment pas protéger leurs cartes. Dans ce cas, concernant l'emplacement, n'importe quel endroit fera l'affaire, de préférence entouré d'autres cartes, afin que l'adversaire ne puisse pas facilement la couvrir.
    Si au contraire vous souhaitez la protéger, on conseille alors de la mettre du côté de la main directrice, et dans un angle, afin qu'il soit plus facile de la protéger. Cela dit, on entre ici dans des considérations très techniques qui ne seront pas essentielles avant un moment.

     

    Les cartes jumelles, à coller ou pas?

     

    C'est une question très importante, mais à laquelle on ne peut pas apporter de réponse définitive, car chacun a sa propre vision. Pour rappel, les cartes jumelles sont des cartes débutant par la ou mêmes syllabes. Par exemple, "Tsuku" et "Tsuki".
    La tendance du débutant est de les coller, car il est ainsi plus facile de les retenir et de les prendre. En effet, si vous posez les deux cartes "Tsuki" et "Tsuku", vous saurez que si l'une des deux est lue, vous pourrez viser le même endroit. Mieux encore, comme il n'y a pas d'autre carte commençant par "Tsu", vous saurez par cette seule syllabe que c'est l'une des deux qui est en train d'être lue, et pourrez alors les balayer toutes les deux.
    Seulement, très logiquement, c'est aussi le cas pour votre adversaire. Or, il faut savoir qu'au Japon (et notamment à Kôbe), on apprend en priorité aux débutants à "attaquer", à jouer un "karuta agressif". J'expliquerai pourquoi dans un prochain article, mais les conséquences de ceci, c'est que vos adversaires auront souvent tendance à viser vos cartes en priorité. Ainsi, trop coller vos cartes est risqué quand votre adversaire les vise avec énergie.
    Il y a donc deux conditions (pas forcément cumulatives, donc l'une des deux peut suffire) pour choisir de coller les cartes jumelles :


    1/ Être plus rapide que l'adversaire
    2/ Avoir un Karuta défensif

    Quand je dis plus rapide, ça ne signifie pas être meilleur que l'adversaire. Ca signifie que votre mouvement sera plus rapide.
    Coller les cartes, c'est rendre la tâche plus aisée pour tout le monde. Dans ce cas, si vous savez que votre adversaire est plus rapide que vous, et qu'en plus il joue de manière agressive, il y a peu de chance pour que vous puissiez tirer parti de cet avantage. Au contraire, vous allez juste lui simplifier la tâche. La mémorisation sera également plus facile pour lui, alors qu'elle ne changera pas spécialement pour vous (vu que vous aurez eu tout le temps de mémoriser vos emplacements avant les matchs).
    J'ai déjà vu des joueurs placer des cartes sur lesquelles ils n'étaient pas très bons à côté, et je les ai toujours balayées en premier.
    La deuxième condition renvoie au style de jeu. Jouer un Karuta défensif, c'est viser en priorité ses propres cartes. Cela signifie par exemple que même s'il y a 4 cartes commençant par "A" chez l'adversaire, et 3 chez soi, quand une carte en "A" sera lue, on se focalisera d'abord sur ses propres cartes. C'est peu conseillé au début, mais selon le style de chacun, ça peut être envisageable.
    Si vous jouez de manière défensive, et votre adversaire de manière agressive, alors vous viserez tous deux les mêmes cartes. Cela signifie que vous aurez un léger avantage, du fait que vos cartes sont plus proches, et que vous y êtes plus habitué.
    Dans ce cas, vous pouvez jouer là-dessus et coller vos cartes jumelles.
    Toutefois, pour l'instant, je vous conseille fortement de commencer par apprendre à jouer de manière agressive. Le Karuta défensif, vous l'envisagerez quand vous aurez plus d'expérience.

    Lorsqu'on ne colle pas les cartes jumelles, généralement, on les éloigne au maximum. Beaucoup de joueurs les disposent symétriquement, mais c'est quelque chose que je déconseille, car l'adversaire peut alors les retenir plus facilement. Quoi qu'il en soit, la majorité des joueurs les éloigne ainsi afin d'obtenir une chance sur deux de prendre la carte. Par exemple, si "Chigiriki" est à gauche, et "Chigirio" à droite, il est fréquent que chaque joueur vise la carte la plus proche de sa main directrice en entendant le son "Chigi". Cela devient alors une question de chance.

    Pour résumer, et rajouter quelques détails utiles, voici les deux plans à envisager :

    I/ Vous êtes particulièrement confiant quant à votre vitesse, et souhaitez parier là-dessus. Vous pourrez alors coller les cartes jumelles pour lesquelles vous avez une affinité, et séparer de 2 ou 3 cartes celles que vous n'aimez pas spécialement. Leur proximité sera suffisante pour que vous puissiez les balayer ensemble, mais votre adversaire devra malgré tout les mémoriser séparément.

    II/ Vous préférez jouer de manière agressive et/ou vous ne pensez pas battre en vitesse votre adversaire. Dans ce cas, vous séparerez au maximum vos cartes afin de compliquer la tâche pour votre adversaire. A recommander également pour les cartes maîtresses de votre adversaire, si vous les connaissez.

     

    Ok, j'ai compris la théorie ! Et maintenant, en pratique ?!

     

    Voilà, on passe aux choses sérieuses ! Je pense que c'est là un des seuls aspects pour lequel les Japonais n'ont pas de théorie toute faite, et procèdent un peu au hasard, donc je vais vous donner uniquement ma théorie, que je pense évidemment juste.
    L'idée est de faire des matchs sans avoir établi le positionnement de ses cartes. Ayez juste en tête les théories que j'ai avancées plus tôt, sans non plus trop se baser dessus.
    Au moment de disposer les cartes, évidemment, ça va être la panique. 25 cartes en main, vous devez les poser rapidement mais vous ne savez absolument pas comment. Deux possibilités s'offrent à vous : les disposer au hasard, ou bien les classer par syllabes déterminantes. Par exemple, toutes les cartes commençant par "A" en bas à droite, toutes les cartes commençant par "Y" en bas à gauche, toutes celles par "K" en haut à droite... Ainsi, les mémoriser sera relativement aisé. Cette partie n'est pas pour gagner, donc ce n'est pas grave si votre adversaire peut les prendre rapidement.
    Toutefois, au cours de cette partie, je vous conseille de vous focaliser essentiellement sur vos propres cartes. Mémoriser complètement les 50 cartes est extrêmement difficile au début, donc commencez par vous assurer que vous connaissez vos cartes, et éventuellement, ne visez que les cartes les plus proches de vous chez l'adversaire.
    Une fois la première partie terminée, j'aurais tendance à conseiller de refaire quelques autres parties avant de déterminer l'emplacement des cartes, si possible en commençant à séparer certaines cartes commençant par les mêmes syllabes. Pas forcément toutes, mais certaines.

    Une fois que vous avez accumulé un minimum d'expérience, sortez vos 100 cartes et un bout de papier (faites sans les cartes si vous n'en avez pas). Vous allez alors disposer les 100 cartes sur votre terrain, afin de déterminer où vous les poseriez si vous les aviez. Evidemment, le tout va s'empiler, pour arriver à ce résultat.

     

     

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    Tout en haut à droite, vous avez mes cartes "CHIHA", "CHIGIRIKI" et "CHIGIRIO" (bon, en théorie c'est pas bon de spoiler ses emplacements, mais ces cartes là on ne me les prendra pas, et il m'arrive de les déplacer). Cela signifie que si j'obtiens une de ces trois cartes, elle ira dans le coin en haut à droite. Si j'en obtiens 2, elles seront toutes les deux le plus à droite possible.
    Les cartes empilées sont les cartes jumelles, mais quand j'ai les deux (ou plus) en jeu, je ne les colle pas nécessairement non plus. Si je n'en ai qu'une des deux, elle ira forcément là, et si j'en ai plus, les autres seront un peu espacées, tout en restant relativement proches. Sur la photo, elles sont empilées parce qu'évidemment, on ne peut pas placer 100 cartes sur un terrain aussi petit autrement.
     
    Mais alors comment les disposer? Eh bien vous allez devoir faire appel à votre mémoire, et plus précisément, à vos souvenirs des premiers matchs que vous avez effectués. Prenez les cartes dans l'ordre des syllabes déterminantes, et visualisez-vous en train de les prendre. Si vous êtes parvenus à les prendre relativement rapidement au cours de vos matchs, cela devrait encore être ancré dans votre mémoire, et vous devriez pouvoir associer l'emplacement en question et la carte. Donc par exemple, si vous aviez placé "CHIHA" comme moi et que vous l'aviez bien prise, en vous imaginant la prendre, vous devriez trouver naturel de viser en haut à droite.
    Ces bouts de mémoire constitueront la base de votre positionnement. Une fois que ce sera fait, séparez ! Il existe par exemple 4 cartes commençant par "KA" : "Kazewo", "Kazeso", "Kasa" et "Kaku". Si vous avez mémorisé "Kasa et Kaku" à droite au milieu, éloignez autant que possible les deux cartes "Kaze". Au début ce sera difficile, mais vous les retiendrez avec le temps.
    Donc pour résumer, vous devrez disposez les cartes qui sont ancrées dans votre esprit là où vous les aviez placées durant l'entraînement, et celles que vous ne parvenez pas à visualiser le plus loin possible de leurs cartes jumelles ou proches (par exemple, "konu" n'est pas une carte jumelle de "kokoroa", mais les deux commencent par "ko", donc il vaut mieux les séparer).

    Une fois ceci terminé, notez le tout sur un papier, et relisez le autant de fois que possible.
    Pour bien mémoriser, je vous conseille de faire une simulation de match, seul. Faites passer les 100 poèmes à la suite, sans poser aucune carte (vous pouvez les poser remarquez, ça ne change pas grand chose, ce sera juste un peu bordélique). Puis balayez en direction de la carte comme si les 100 se trouvaient sur votre terrain. Cela devrait vous permettre d'enregistrer le tout plus facilement.
    Rien ne vous empêchera par la suite de continuer à séparer vos cartes si certaines sont trop collées selon vous.
     
     
    Et voilà, vous savez maintenant tout ce qu'il est nécessaire de savoir pour pratiquer le Karuta. Bien évidemment, il existe encore une quantité énorme de subtilités que je continuerai à aborder dans mes articles, et de stratégies que je prendrai le temps de vous expliquer, mais vous avez en tout cas les connaissances nécessaires à la bonne pratique du Karuta.
     
    Alors comme le dit Chihaya a la fin de la saison...
     
     
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    かるたしよう!Faisons du Karuta ensemble !

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    Et voici enfin l'article le plus important de ce site : la présentation des jikimari, ces mystérieuses syllabes déterminantes dont j'ai déjà parlé dans un précédent article.

    Pour commencer, rendez-vous sur ce lien, et téléchargez le document. Vous y trouverez toutes les cartes avec comme nom (d'image) leur nom de carte, et pour certaines, seront indiquées entre parenthèses les syllabes qui suivent mais qui ne sont pas déterminantes. Un autre dossier, que je détaille plus bas, sera également présent.

    Pour rappel, et afin que ce soit bien clair dans l'esprit de chacun : chaque poème est découpé en deux parties, seule la deuxième étant inscrite sur les cartes de jeu. L'objectif est donc d'être capable de reconnaître la 2e partie du poème (et sa carte) à partir de la première partie qui sera lue. Ainsi, un poème qui peut être reconnu à sa première syllabe implique forcément qu'aucun autre poème ne commencera par cette syllabe. C'est pourquoi il n'existe qu'une carte commençant par "su", "sa" ou encore "se". En revanche, un poème qui ne peut être reconnu qu'à partir de la 4e syllabe, comme "Chigiriki" implique qu'au moins une carte commence par "Chigiri" (Chigirio), et que d'autres commencent peut-être simplement par "Chi" (Chiha).

    La principale difficulté du Karuta réside donc ici : être capable de donner la syllabe déterminante d'un poème simplement en voyant la carte. Et une fois que ce sera fait, tout ce que vous aurez à retenir, c'est par exemple que "SE" est dans votre coin droit. La deuxième partie du poème deviendra alors inexistante à vos yeux.
    Si cela vous paraît bien trop difficile et que vous paniquez déjà à l'idée de retenir tout ceci, rassurez-vous ! Il existe des cartes particulières qui vous permettent de jouer sans même connaître tout ceci ! J'en parlerai à la fin de cet article, donc surtout, n'abandonnez pas en cours de lecture parce que vous perdez espoir. Même si vous ne pouvez pas retenir le nom des cartes, vous pourrez tout de même jouer !

    Maintenant, comme apprendre ces noms? C'est là la question que vous devrez vous poser. Inutile de connaître le sens des poèmes, ça n'est qu'un moyen parmi d'autres de retenir les noms. J'ai fait sans pour l'intégralité des cartes.

    Il existe globalement trois manières de mémoriser les cartes : utiliser des caractères sur la carte qui sont proches du nom, utiliser des caractères qui dénotent un peu et fonctionner par association d'idée, ou apprendre par coeur. J'ai pour ma part appris par coeur environ 5 poèmes car je n'arrivais pas à retenir les noms autrement (ou parce que j'aimais bien les poèmes, tout simplement). Je dirais que pour une dizaine d'autres poèmes, j'ai dû faire sans moyens mnémotechniques, et simplement m'habituer à l'ensemble de la carte.

    Quoi qu'il en soit, utilisons des exemples pour vous faire comprendre l'idée.

     

    YURA

     

    Cette carte s'appelle "yura". Cela signifie donc que quand vous entendrez "yura", vous serez sûr à 100% que c'est de cette carte qu'il s'agit.
    Pour info, les caractères du poèmes se lisent ainsi (de haut en bas, puis de droite à gauche) : YU KU HE MO SHI RA NU KO HI NO MI CHI KA NA.

    Maintenant, si je vous dis "trouvez un moyen de retenir que cette carte s'appelle YURA", vous y arriveriez?
    Si vous avez l'habitude d'user de divers moyens mnémotechniques, je suis sûr que oui. Mais si ce n'est pas le cas, pas de problème, ça viendra vite, et je vous donnerai des conseils pour vous aider.

    Alors? Vous avez vu le "truc" ?
     

     

    Yura

     

    Eh oui, c'est bien ça. Si on regarde de droite à gauche, on voit les caractères "yu" et "ra" en hiragana. Le nom de la carte est donc présent de manière presque évidente.
    C'est idéalement de cette façon là que vous mémoriserez vos cartes. Là, je suppose que ça vous rassure, non? Pas besoin d'un niveau de fou en japonais pour réussir dans ces conditions.

    Modérons toutefois nos propos. Certaines cartes ne sont pas aussi évidentes, et il arrive qu'aucun caractère du nom ne soit inclu sur la carte. Dans ces cas là, on usera de moyens mnémotechniques parfois assez détournés.

    Prenons par exemple...


     

    Yuu

     

    Tiens, "Yuu", la carte jumelle de "Yura" justement.

    Les deux caractères entourés se lisent "Ashi". Donc je suppose qu'en voyant ça, ça ne vous évoque absolument rien, n'est-ce pas? C'est normal. Il faut faire un peu de gymnastique intellectuelle. "Yuu", en japonais, c'est le début de "yuurei", le fantôme. Or, dans les contes japonais, les fantômes n'a pas de jambes, et "ashi", les premiers caractères de la carte, signifie justement "jambes". Bref, en voyant "ashi", vous penserez "pas de jambe" --> "fantôme" --> "YUU(rei)".

    Peut-être que vous trouverez une manière plus efficace à vos yeux de mémoriser cette carte, et dans ce cas, tant mieux ! Je n'ai écrit ici que dans le but de vous montrer un exemple, afin que vous ayez une idée de la façon dont on peut mémoriser les cartes.

    Dans mon prochain article, je vous donnerai un maximum de conseils pour apprendre le plus facilement possible le nom des différentes cartes.

     

    J'AI MEMORISE, ET MAINTENANT?

     

    Le but dans un premier temps est d'être capable de reconnaître de manière sure et certaine les cent cartes. Les reconnaître vite, ça viendra après. Mais quitte à y passer 20 secondes, vous devez avoir un moyen de dire "c'est bon, j'en suis sûr, cette carte c'est Yura parce que... (=les caractères YU et RA sont présents sur la carte)".

    Une fois que c'est fait, vous allez pouvoir commencer à vous entraîner afin de réduire ce temps. Au début, pour les 100 cartes, il n'y aura rien d'étonnant à ce que ça vous prenne 10 minutes, voire plus. Tout le monde commence ainsi. Mais en vous entraînant, vous arriverez vite à réduire de plusieurs minutes ce temps.

     

    Pour commencer, ayant bien en tête les 100 cartes de Karuta. Si vous avez oublié que les cartes "yura" et "yuu" existent, vous aurez bien plus de mal à retrouver leur nom en voyant leur carte. Là, faites comme vous le sentez. Lisez autant de fois qu'il le faut les noms, faites vous des listes, répétez les, bref, tant que vous les retenez, c'est l'essentiel. Pensez également à les apprendre par associations, par exemple en prenant toutes les cartes commençant par "A", et au sein même de celles-ci, triez les par cartes jumelles, et dans l'ordre des plus courtes aux plus longues (donc par exemple : AI, ASHI, AKE, AKINO, AKIKA, AMATSU, AMANO, etc...). Faites également attention à leur nombre. Par exemple, savoir que 3 cartes commencent par "CHI" vous permettra, une fois que les 2 premières auront été lues, d'être sûr à 100% que la suivante pourra être prise directement sur "CHI" sans risque de faute.

    Ceci fait, prenez vos 100 cartes, et faites les tourner en essayant de donner leur nom le plus vite possible. Le logiciel Kazemiso vous simplifiera ici significativement la tâche.

    N'oubliez pas également d'apprendre à lire les cartes à l'envers. Ce sera utile pour quand vous devrez lire les cartes de l'adversaire.

    Pour information, un 2e dan sera généralement capable de lire les 100 cartes en l'espace d'une minute (bien que certains n'y parviennent pas), mais on ne peut pas en attendre autant d'un étranger. En effet, le japonais étant habitué à ne lire que des hiragana, il aura une vision globale de tous les caractères inscrits sur la carte. En revanche, l'étranger doit se focaliser un peu plus sur les caractères, et aura du mal à voir sans regarder, si vous saisissez la nuance, qui a ici son importance. Malgré tout, aucun problème de ce côté ! Lire en une minute les 100 cartes, ça ne sert à rien ! Pour ma part, je stagne à 1 minute 25 secondes (j'ai arrêté de m'entraîner il faut dire), mais ça ne me pénalise même pas un tout petit peu. On peut dire qu'à partir de 3 minutes pour les 100 cartes, vous pourrez jouer de manière tout à fait normale, et qu'à partir de 2 minutes, vous ne ressentirez plus la moindre gêne.

    Il sera très important pour vous de chronométrer ces essais ! En effet, cela vous donne un objectif clair et mesurable, et il n'y a rien de mieux pour maintenir sa motivation intacte.

     

     

    J'AI DU MAL A MEMORISER, MAIS J'AI VRAIMENT ENVIE DE JOUER, JE FAIS COMMENT?

     

    Pas de soucis ! Les Japonais ont pensé à vous ! Enfin, à tous les débutants qui souhaitent pouvoir jouer rapidement.

    Il existe en effet des cartes réservées aux débutants sur lesquelles sont directement inscrits en grosses lettres rouges les noms des poèmes : les kimari-fuda. Vous vous souvenez de cet épisode de Chihayafuru, au tout début, quand Arata dit à Chihaya que dorénavant, il voit en rouge son nom sur la carte "Chiha" ? Eh bien c'est une référence à cela justement.
     

     

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    Avec ces modèles là, pas besoin de s'embêter à mémoriser chacune des cartes de jeu. Il vous suffit de lire les lettres inscrites en rouge, et c'est bon, vous saurez à partir de quelle syllabe vous pourrez la prendre.
    Au Japon, on fait toujours jouer les débutants avec ces cartes durant quelques parties, car entrer dans le grand bain dès le début serait trop brusque. L'idée est de s'habituer aux mécaniques du jeu, s'habituer à mémoriser les 50 cartes sur les terrains, et quand enfin on se sent prêt, on peut alors faire le grand plongeon.
    Par conséquent, si vous mêmes avez envie de vous essayer un peu au Karuta, mais avez peur de ne pas être capable de tout retenir, ou souhaitez avant tout vous faire une idée des parties, il ne vous reste qu'à imprimer ces cartes et à jouer avec.
    Vous pourrez les trouver dans le document que j'ai joint plus haut !
     
    Voilà, vous savez maintenant tout ce qu'il faut sur les syllabes déterminantes, et si vous avez suivi toutes les étapes jusqu'à maintenant (à savoir télécharger les documents que j'ai mis à votre disposition, apprendre les hiragana et les règles du karuta, puis mémoriser les cartes ou imprimer les kimari-fuda), vous serez même enfin capable de réaliser vos premières parties de Karuta ! Evidemment, il y a encore tout un tas de choses à savoir, comme comment placer ses cartes, comment les prendre, comment ne pas faire de fautes, quelles cartes envoyer à l'adversaire, mais chaque chose en son temps. Avant de faire le deuxième pas, commençons par terminer le premier !

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  • Pour rejoindre directement le site de Karuta France et obtenir plus d'informations sur l'activité du Karuta en France, et pour lire plus d'articles encore : http://www.karutafrance.ml/ 

    Et voici donc l'article qui vous servira de canne, afin de vous soutenir dans vos premier pas dans le monde du Karuta.

     

    Ou, formulé autrement, un guide pour que vous ayez bien en tête tout ce dont vous aurez besoin pour débuter le Karuta.

     

    Dans un RPG, on se met toujours full stuff avant le dernier boss

     

    Oui, j'aime bien utiliser des titres en rapport avec le sujet, mais qui paraissent un peu HS. Ici, je vais parler du matériel nécessaire pour jouer. Car en effet, la première crainte du néophyte, c'est de tout simplement ne pas avoir les moyens physiques de pratiquer : avouons que ce serait embêtant. Et cette crainte est compréhensible, puisqu'il n'est pas possible d'acheter le matériel nécessaire autre part qu'au Japon.
    Pourtant, cela ne devrait au final vous poser aucun problème. J'explique.
    Pour jouer au Karuta, vous avez besoin de deux choses seulement : les cartes de jeu, et les fichiers audio des poèmes afin de remplacer le lecteur. Mais avant de tout détailler, je vous invite à vous rendre sur ce 
    lien. Vous pourrez ainsi télécharger (légalement, pour ceux que ça inquièterait) tout ce dont vous aurez besoin pour jouer au Karuta. Maintenant, place aux explications ! 

    LES CARTES : 
    Les seules cartes dont vous aurez besoin pour jouer sont les torifuda (取り札, littérallement "cartes à prendre"). Ouvrez le fichier disponible sur le lien précédent, et ouvrez le dossier "Torifuda". Vous y trouverez 6 sous-dossiers, dans lesquels les cartes sont triées par ji-kimari (syllabes déterminantes). Si vous ne savez pas ce que cela signifie, je vous conseille de consulter mon article sur les 
    règles du Karuta. Ainsi, toutes les cartes du sous-dossier "3 ji-kimari" sont des cartes dont la 3e syllabe est déterminante. Cela vous servira plus tard pour réviser vos cartes.
    Mais ici, nous nous intéresserons plutôt au PDF "torifuda à imprimer". Celui-ci est un document réunissant toutes les cartes du jeu à la bonne taille (à condition de mettre l'ensemble à 100% si ce n'est pas le cas).
    Il vous suffira donc d'imprimer ces 7 pages, de découper les cartes, puis de les coller sur du papier rigide pour ainsi jouer au Karuta.
    Il faut savoir que les cartes en Karuta sont épaisses et solides. Par exemple, impossible de les voir s'envoler sur un coup de vent. De même, si vous les lâchez, elles tombent en ligne droite. Donc si vous en avez la possibilité, collez les cartes imprimées sur un support bien rigide. Evidemment, ce n'est pas grave si ce n'est pas exactement la même sensation que les véritables cartes, mais il reste mieux d'avoir un résultat proche de l'original. Cela dit, même avec du papier, vous pourrez déjà vous entraîner sur l'essentiel des aspects du Karuta.


    LA LECTURE :
    Il est évidemment indispensable de pouvoir faire lire les poèmes si l'on souhaite jouer au Karuta. Ici, c'est le programme 
    Wasuremoti qui va vous donner le sourire ! Grâce à ce programme, vous pourrez en effet jouer de manière aléatoire les 100 poèmes du Karuta, utilisez le mode "continuer automatiquement" pour des parties rapides, et même créer vos propres listes de lecture pour vous entraîner sur certains types de cartes uniquement (ou par exemple pour faire des parties avec moins de cartes). Le lien donné précédemment vous expliquera comment l'utiliser efficacement.
    Pour l'utiliser, vous devrez néanmoins disposer d'un ordinateur affichant le japonais. Si ce n'est pas le cas de base, profitez de ce 
    tutorial. Ensuite, vous devrez également faire en sorte que votre ordinateur reconnaisse le japonais dans les applications téléchargées. Ce tutorial
     vous expliquera la marche à suivre.
    Si malgré tout ça ne marche pas, je vous invite à me contacter, et je ferai en sorte que vous puissiez malgré tout avoir votre lecteur virtuel !

    UN SOL :
    Parce que sans sol, il est difficile de se mettre à genoux. Plus précisément, il vous faudrait un tapis suffisamment confortable pour ne pas vous esquinter les genoux, car vous allez rester longtemps dessus. Si vous en avez, je vous conseille d'utiliser des tapis de sport. Ces tapis mous mais pas trop qui font au moins 1cm d'épaisseur. Idéalement, il faut donc un tapis qui vous permettent de ne pas avoir trop mal aux genoux, mais qui ne plie pas non plus sous votre poids.

     

    ET LE JAPONAIS? PAS DE PROBLEME !!

     

    Je sais que bon nombre d'entre vous paniquent un peu à l'idée de commencer le Karuta du fait qu'ils ne maîtrisent pas suffisamment le japonais, et que cela constituerait donc un handicap infranchissable. Sauf que non, ce sont des préjugés ! Parler japonais n'est absolument pas une condition nécessaire pour apprendre le Karuta. Cela peut vous aider un peu au début, mais si vous ne parlez pas un mot de japonais, l'handicap se fera de plus en plus faible avec le temps, et ira jusqu'à disparaître au bout de quelques mois d'entraînement.
    Concrètement, quelles sont les connaissances indispensables, puis lesquelles sont simplement utiles?

    Connaissances indispensables :

    Hiragana : C'est le seul élément vraiment indispensable, mais par chance, il n'est pas bien difficile à acquérir. Les poèmes du Karuta sont tous écrits en hiragana. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, la langue japonaise fonctionne sur 3 types d'écriture : les Kanji (idéogrammes), les katakana et les hiragana, ces deux derniers étant des syllabaires. Lorsqu'on souhaite apprendre le japonais, la première chose que l'on doit faire, c'est apprendre ces hiragana, car techniquement, si on les connait tous, on "peut" écrire japonais. En effet, les enfants à l'école primaire commencent par écrire uniquement en usant de ces hiragana, et certains jeux-vidéos pour jeune public sont d'ailleurs composés exclusivement d'hiragana. Notez que si j'utilise le mot "syllabaire", c'est parce que le japonais ne fonctionne pas par lettres mais par syllabes. 
    Toutefois, je ne rentrerai pas plus dans les détails concernant l'apprentissage même des hiragana et leur rôle dans la langue japonaise. Je vous invite plutôt à consulter
    cette page, qui vous guidera dans vos premiers pas.
    Seuls les hiragana étant utilisés en Karuta, c'est donc la seule connaissance linguistique réellement nécessaire à la pratique du sport. Néanmoins, une connaissance vague des hiragana sera insuffisante. Vous devez idéalement atteindre un niveau vous permettant de comprendre le kana sans réfléchir. Si vous n'y parvenez pas, vous pourrez malgré tout jouer, mais vous gaspillerez du temps consacré à la mémorisation simplement en cherchant la lecture des kana. En revanche, si vous comptez également apprendre le japonais en parallèle, le Karuta vous aidera alors énormément, car la vitesse de lecture des kana est essentielle si vous souhaitez lire naturellement du japonais.

    La prononciation : Vous vous y ferez évidemment avec le temps, mais cela reste un élément essentiel à la pratique du Karuta. En effet, si vous n'êtes pas habitués à distinguer les sons comme il le faut, il sera parfois difficile de prendre certaines cartes.
    Par exemple, il existe un poème commençant par "hoto", et un autre par "oto". Si vous n'êtes pas capable de bien distinguer le "ho" du "o", vous pourriez donc faire des fautes.
    Connaître la prononciation en japonais est donc également indispensable. Pour ce faire, vous pouvez commencer par consulter la page donnée précédemment, elle vous renseignera suffisamment.
    Pour le reste, ça viendra naturellement à force de jouer au Karuta. Si vous avez l'habitude de regarder des anime en VO, cela devrait également vous aider considérablement, donc n'hésitez pas à faire plus attention que d'habitude à la façon dont les personnages parlent.


    Connaissances utiles :

    La compréhension généraleC'est probablement ce qui inquiètera le plus. Je détaillerai en profondeur cet aspect dans un prochain article, mais commençons par vous rassurer : la pratique du Karuta est tout à fait possible sans comprendre un traître mot de japonais. En effet, les poèmes japonais sont écrits dans un japonais ancien, difficilement compréhensible pour les Japonais eux-mêmes. J'ai fait le test, et la majorité des étudiants de Kôbe Daigaku (une université pourtant réputée) sont incapables d'en comprendre le sens.
    Bref, si vous ne parlez pas japonais, et n'avez pas l'intention de l'apprendre, soyez rassurés, vous pourrez faire sans !
    Cela dit, si vous décidez de l'apprendre, cela pourra malgré tout vous être utile au début. En effet, lorsque vous devrez mémoriser les cartes (encore une fois, je détaillerai tout ceci dans un prochain article), comprendre certains mots, même sans comprendre la phrase, pourra vous aider à créer des liens. Cela vous simplifiera donc sensiblement la tâche au début, lorsque vous devrez tout mémoriser, mais par la suite, cela ne changera plus rien.

    Pour être exact, comprendre le japonais n'est pas nécessaire parce que j'ai appris les règles pour vous, et que je vais tout vous expliquer. Dans mon cas, j'aurais bien été incapable d'apprendre le Karuta sans la maîtrise de la langue, car j'ai évidemment dû consulter plusieurs sites internet et poser des questions à mes sempai pour comprendre le fonctionnement du sport.



    FINALEMENT, PAR OU COMMENCER?

     

    Et pour terminer cet article, voici les différentes étapes par lesquelles je vous conseille de passer afin de bien débuter. Certaines étapes vous apparaîtront peut-être étrange du fait que je n'en ai jamais parlé, mais j'expliquerai tout en temps voulu.

    1/ Mettre à jour votre ordinateur, de sorte qu'il puisse lire le japonais.

    2/ Apprendre les règles du Karuta.

    3/ Apprendre les hiragana, et s'assurer d'avoir bien assimilé la prononciation japonaise.

    4/ Télécharger les fichiers donnés sur ce lien.

    5/ Mémoriser les 100 cartes du Karuta (l'étape la plus importante).

    6/ Faire une ou deux parties d'essai.

    7/ Définir l'emplacement de ses cartes.


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  • Pour des articles plus complets et à jour, venez directement consulter le site de l'association Karuta France :  http://www.karutafrance.ml/

     

    Qu'est-ce que le Karuta? Question essentielle qu'il est impératif de détailler au maximum pour que toute personne comprenne le cadre de cette activité. Les stratégies viendront nécessairement après.

     

    Pour une explication sous forme de résumé, je vous invite à visiter la page de la team Vocamiku. Mais si vous voulez vraiment tout savoir, c'est ici !

    Le Karuta, c'est un sport/jeu traditionnel japonais utilisant le recueil de 100 poèmes Hyakunin isshu (百人一首) comme base. Chacun de ces 100 poèmes sera inscrit sur une carte, et ces 100 cartes seront alors utilisées comme support de jeu.
    Seulement, pas question ici de jouer avec les cartes comme on jouerait au Poker ou à Yu-gi-oh.

    Les règles sont simples. Chaque poème est divisé en deux parties. La première ne sera inscrite que sur la carte du lecteur (読み札), ce dernier étant une personne tierce à la partie chargée uniquement de lire chacun des 100 poèmes. La deuxième partie du poème sera pour sa part inscrite sur la carte de jeu (取り札).
    Le but du jeu est alors de récupérer la carte sur laquelle est inscrite la deuxième partie du poème qu'est en train de lire le lecteur. Il faut par conséquent être capable de rattacher la deuxième partie avec la première partie de chaque poème.

     

    LES SYLLABES DETERMINANTES

     

    Prenons pour exemple la carte "Chiha", la plus connue aujourd'hui du Karuta. Le poème se découpe ainsi :
    "Chihayaburu   Kamiyo mo kikazu   Tatsutagawa ///////  Karakurenai ni    Mizu kukuru    To wa"

     

     

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    Carte de jeu Chiha

     

    En entendant la première partie (ici en blanc cassé), vous devrez être capable de reconnaître la deuxième partie (ici en bleu), et ainsi de prendre la carte associée.

    Comme vous vous en doutez, il n'est pas nécessaire d'attendre la fin du poème pour reconnaître la carte que l'on doit récupérer. Avec un minimum d'expérience, cela prendra moins d'une seconde. Toute la question est alors de savoir "quand on peut récupérer une carte".

    Et pour le savoir, il faut connaître les syllabes déterminantes (字決まり), qu'on peut presque considérer comme des noms.
    Qu'est-ce donc? Eh bien c'est le nombre de syllabes qu'il est nécessaire d'entendre avant d'être sûr et certain du nom du poème qui est en train d'être lu.
    Prenons pour exemple les cartes Chigirio et Chigiriki. Le lecteur aura beau lire "Chigiri", vous n'aurez aucun moyen de savoir laquelle des deux cartes est en train d'être lue. En effet, vous ne pourrez pas reconnaître le poème en question avant d'avoir entendu la 4e syllabe, puisque les 3 premières sont identiques. Dans ce cas, on dit donc de ces deux poèmes que leur 4e syllabe est déterminante (4字決まり). Autrement dit, une carte dont la 3e syllabe est déterminante aura au moins une carte dont les deux premières syllabes sont identiques.
    Savoir quelle est la syllabe déterminante de chaque carte est donc essentiel.
    Notez qu'on dit de deux cartes commençant par les mêmes syllabes qu'elles sont jumelles.

    Toutefois, ces syllabes déterminantes évoluent au fur et à mesure de la partie. Reprenons les exemples utilisés jusqu'à maintenant : Chiha, Chigirio et Chigiriki. Ces trois cartes sont les seules à commencer par la syllabe "Chi". Par conséquent, si vous entendez "Chi", vous saurez que c'est une de ces 3 cartes qui est en train d'être lue, puis si vous entendez "Chigi", vous saurez que c'est une des deux dernières qui est en train d'être lue, "Chiha" devenant alors hors course.
    Maintenant, imaginons que Chiha et Chigirio aient déjà été lues. Que se passera-t-il si jamais la carte Chigiriki est lue? Eh bien vous pourrez la reconnaître au son "Chi", puisqu'elle sera la seule carte restante commençant par cette syllabe.
    En plus de savoir quelle est la syllabe déterminante de chacune des cartes, il sera donc vital de connaître les cartes commençant par la même syllabe, afin de savoir si toutes ces cartes ont été lues, auquel cas vous pourrez alors déterminer le nom de votre carte bien plus rapidement.

    Précisons quelque chose d'important, afin de faire cesser les éventuelles crises de confiance : il n'est absolument pas nécessaire d'apprendre l'intégralité des poèmes. Pour reprendre l'exemple plus haut, avec la carte Chiha, il vous suffira par exemple de savoir que la carte commençant par "Karakurenai" est la carte Chiha, et ainsi de ne plus voir en elle que ces deux syllabes. Formulé autrement, si vous placez cette carte sur votre coin droit, vous ne devrez plus vous dire "Karakurenai ni mizu kukuru to wa est sur mon coin droit", mais plutôt "Chiha est sur mon coin droit".

     

    L'EMPLACEMENT DES CARTES
     

     

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    Voyons maintenant comment débute le match.
    Après s'être mutuellement salué, les deux joueurs poseront les 100 cartes face cachée devant eux, et mélangeront l'ensemble, avant d'en prendre chacun 25. A la suite de quoi les deux joueurs disposeront sur leur terrain leurs 25 cartes de la façon dont ils le souhaitent, en respectant des règles fixes : 87 cm maximum doivent séparer les cartes les plus à gauche et les plus à droite, 1cm doit séparer chaque ligne, et 3cm doivent séparer leurs terrains respectifs.
    Pour le reste, tout sera fait selon le choix du joueur. Lorsqu'on débute en Karuta, il est essentiel de déterminer par avance où l'on disposera ses cartes sur son propre terrain. Ici, ça se fera selon le ressenti de chaque joueur, certains visualiseront mieux Chiha à droite, alors que d'autres la visualiseront mieux à gauche, certains mieux en haut, d'autres mieux en bas ou encore au milieu. Bref, tout est une affaire de ressenti. Il existe tout un tas de subtilités que vous devrez garder en tête avant de déterminer ces dispositions, et si j'écrirai un article pour détailler tout ceci en profondeur, voici quelques exemples pour vous donner un aperçu de la richesse de cet aspect : séparer des cartes jumelles pour rendre leur prise plus difficle pour l'adversaire, ou au contraire les coller pour être sûr de les prendre rapidement si l'on est confiant (Chigiriki et chigirio séparées ne pourront être prises que sur leur 4e syllabe, mais si elles sont collées, on saura alors sur le son "Chigi" qu'on peut viser les deux), placer les cartes à une syllabe déterminante près de soi pour être sûr de les prendre le plus vite possible (comme une seule syllabe est nécessaire pour les reconnaître, il n'y aura pas de temps mort avant d'aller les récupérer), ou encore placer les cartes très longues proche de soi afin de les protéger (là encore, j'expliquerai ceci dans un autre article).
    Ce sera à vous de déterminer tout ceci, en fonction de vos forces, de vos faiblesses, et de votre personnalité. C'est là un point très intéressant du Karuta : il vous oblige à réfléchir sur vous-même, afin de mieux comprendre quelle forme doit prendre votre jeu. Ici, pas question d'appliquer des stratégies apprises dans un livre, ou enseignées par vos aînés : vous ne ferez que recevoir des conseils, et devrez par vous-même ouvrir votre voie.

     
    Notons enfin qu'à tout moment au cours de la partie, il sera possible de changer de place vos cartes, à condition de le préciser à votre adversaire (pour ceux qui regardent Chihayafuru, l'acte de Taichi au tout début, qui change sans le dire l'emplacement des cartes, était donc une véritable faute). Là encore, cela amène à de nombreuses stratégies possibles, qui seront ou non suivies en fonction de votre personnalité, de vos qualités, défauts, et de ceux de votre adversaire. Mais je détaillerai à nouveau ces aspects dans un autre article.
     
     
     
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    Une fois les cartes disposées, vous disposerez de 15 minutes pour mémoriser (暗記時間) cet ensemble de 50 cartes. au bout de 13 minutes, on vous signalera que vous pouvez dorénavant bouger librement (par le message 2分前です, à savoir "2 minutes avant la fin"). Cela signifique que vous pouvez simuler la prise des cartes. Cela peut-être utile pour visualiser la façon dont vous prendrez les cartes ("si Chigi est lue, est-ce que je protège mon Chigirio, ou est-ce que j'attaque le Chigiriki de l'adversaire?", par exemple), mais aussi pour libérer votre tension. Une manière de s'échauffer avant le match, donc.
    Une fois les 15 minutes achevées, vous saluerez votre adversaire puis le lecteur. Commencera alors enfin le match.
     
     
    COMMENT PRENDRE LES CARTES?
     
     
    Comme précisé plus tôt, le lecteur lira successivement les 100 poèmes Hyakunin Isshu. Cela signifie par conséquent qu'il lira également les 50 cartes absentes du jeu : on les appellera les cartes mortes (空札). Si seule Chigirio est sur le terrain, il faudra donc faire attention à ne pas la prendre si Chigiriki est lue, car cette dernière serait alors une carte morte.
     
    Et justement, parlons-en de ces prises de cartes, car elles sont plus complexes qu'elles n'y paraissent, et pourront surprendre plus d'une personne !
    Déjà, une précision importante, bien qu'évidente pour certains : la victoire revient à celui qui n'a plus une seule carte sur son terrain.
    L'objectif est de toucher la carte dont le poème est en train d'être lue... mais cela ne signifie pas qu'il est interdit de toucher d'autres cartes ! En effet, tant que vous touchez la bonne carte, peu importe combien de cartes vous aurez touchées avant ou après, elle sera vôtre ! Ainsi, si la carte "Chiha" est lue et que vous touchez les 50 cartes en jeu, dont Chiha, elle sera vôtre.
    Vous vous souvenez de ce que je disais plus tôt, à propos de la stratégie consistant à coller ses cartes jumelles? Eh bien c'est justement pour profiter de cette règle. Séparez Chigirio, Chigiriki et Chiha, et vous devrez alors attendre 2 à 4 syllabes avant de pouvoir reconnaître la carte en train d'être lue. Au contraire, collez les, et vous pourrez alors projeter les trois en même temps simplement en entendant le son "Chi", puisque vous saurez que toutes les cartes commençant par cette syllabe se trouve au même endroit.

    Trop facile? Pas tant que ça en fait. Car les fautes (お手付き) seront là pour compliquer les choses. En effet, chaque fois que vous toucherez une carte du mauvais côté, vous commettrez une faute.
    Imaginons par exemple que Chiha soit de votre côté. Si vous touchez une carte du côté adverse, vous aurez alors commis une faute. En d'autres termes, pour ne pas commettre de faute, vous devrez impérativement toucher uniquement des cartes du côté dont la carte est lue (par côté, j'entends donc son propre côté, et celui de l'adversaire. La gauche et la droite n'influent pas).

    Et qu'est-ce que c'est, au juste, une faute?
    Eh bien ça signifie que si vous en commettez une, votre adversaire pourra vous donner la carte de son choix. Par conséquent, non seulement votre adversaire aura une carte en moins à récupérer de son côté pour gagner, mais vous devrez en plus en récupérer une de plus du vôtre. C'est donc une perte de deux cartes pour vous. Et c'est pourquoi les fautes doivent être évitées à tout prix.

    Autre conséquence : si vous touchez une carte alors qu'une carte morte est en train d'être lue, vous ferez forcément une faute. Il faudra alors mettre vos réflexes à rude épreuve pour vous arrêter en pleine "course".
    Et pire encore : si par malheur vous touchez une carte de votre adversaire et une de votre côté, vous commettrez une double faute, et votre adversaire vous donnera alors deux cartes.

    Pour en terminer avec les "dons de cartes", vous pourrez donner l'une de vos cartes à votre adversaire à chaque fois que vous parviendrez à prendre l'une des siennes.
    Dans les cas où il serait difficile de déterminer qui a touché la carte en premier, les deux joueurs devront en discuter, et en cas d'égalité, c'est au joueur "défenseur" que reviendra la carte.


     
    LES REGLES DE POLITESSE

    Parce que le Japon est un pays pétri de règles, il convient de savoir quels sont les impairs à ne pas commettre.
    Concernant les saluts, vous devrez saluer votre adversaire une fois avant la distribution des cartes, puis vous le saluerez avec le lecteur au début du match, et enfin vous ferez de même à la fin du match. A chaque salut, vous devrez également dire よろしくお願いします (parfois abrégé en お願いします. "Yoroshiku onegai shimasu" est une expression passe-partout signifiant ici "bonne partie" face au joueur, et remerciant par avance le lecteur), sauf à la fin, où vous devrez dire, que vous ayez gagné ou perdu, ありがとうございました (arigatô gozaimashita = merci beaucoup)

     
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    Concernant la position à adopter, un petit point à faire remarquer, bien que ce ne soit pas en rapport avec les règles de politesse : si vous êtes droitier, il est conseillé au moment de prendre position de placer son genou gauche légèrement en avant par rapport à son genou droit. La main gauche sera alors posée sur le coin gauche, juste devant la carte placée sur ce coin, et la main droite sera placée au centre, le dos du bout des doigts posé sur le tatami, en faisant attention à ne pas dépasser la ligne où se trouvent les premières cartes.

    Revenons en aux politesses. Lors des pauses, vous pourrez prendre vos aises et ne plus vous mettre sur vos genoux, mais ça ne signifie pas que tout est autorisé. Globalement, il est déconseillé de montrer vos pieds faces à l'adversaire. On préférera une position en tailleur, ou avec les jambes sur le côté.
    Un exemple de pose à ne pas prendre :

     
     
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    Il conviendra également de toujours lever la main pour signaler au lecteur qu'il doit attendre avant de reprendre la lecture. La répartition fonctionne ainsi : lorsque vous donnez une carte à votre adversaire (parce qu'il a commis une faute, ou parce que vous lui avez pris une carte), vous devrez lever la main jusqu'à ce qu'il ait terminé de disposer la carte.
    Lorsque votre adversaire vous signale qu'il va bouger une carte (comme dit auparavant, cela peut être fait n'importe quand, à condition de le signaler, si possible en précisant le nom de la carte), ce sera à vous de lever la main, et il sera également de coutume de lui signaler que vous avez bien compris qu'il a déplacé sa carte (un simple はい/hai suffira). Enfin, lorsqu'un joueur balaie des cartes et doit alors aller les chercher, c'est au joueur qui attend de lever la main. Dans le cas où la lecture commencerait malgré tout, il conviendra alors de claquer des mains et de s'excuser (un すみません/sumimasen fait souvent l'affaire).

    Notez que chaque fois que vous quitterez votre position assise, par exemple pour vous dégourdir les jambes, pour prendre du recul, ou tout simplement pour sortir un peu durant le temps de mémorisation (vous pouvez en faire ce que vous voulez, donc libre à vous d'aller lire un manga de Chihayafuru durant ces 15 minutes si ça peut vous aider), vous devrez dire à votre adversaire 失礼します ("shitsurei shimasu" = Veuillez m'excuser), puis au moment de revenir à votre position assise, 失礼しました (même sens, mais à la forme passée). Inutile de le dire cependant lorsque vous vous levez pour aller récupérer des cartes, bien que certains joueurs très polis le font.
    Il m'est déjà arrivé également de jouer contre une lycéenne me disant お願いします à chaque fois qu'elle me donnait une carte, mais cela reste anecdotique.

    Voila, vous savez maintenant tout ce qu'il est nécessaire de savoir pour jouer au Karuta. Bien entendu, il reste plusieurs étapes essentielles, comme apprendre à identifier les cartes, ou encore apprendre à bien positionner ses cartes, mais chaque chose en son temps. Comprendre toutes les règles du Karuta sera déjà un premier pas plus qu'important !

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